Nicolas Bacri



Quatre nocturnes
op15 (1985/Rèv.87)

pour hautbois et violon
(Éditions DURAND)



Les Quatre Nocturnes, écrits lors de son séjour à la Villa Médicis, furent pour N. Bacri " la première occasion de céder à ce qui fut au départ une pure pression extérieure. En effet, sans la demande expresse d'une pièce dont la vocation était de servir de "bis" après l'exécution du fameux Double Concerto en Ré mineur de J.S.Bach, jamais l'idée d'écrire pour hautbois et violon ne [lui] serait venue à l'idée " (notes de programme du compositeur, février 1991).
Le premier Nocturne (Rapsodico) est dédié à Claude Foray et Béatrice Natorp, les solistes du Concerto en Ré mineur, le deuxième (Ritmico) à Giacinto Scelsi que N. Bacri rencontra à plusieurs reprises à Rome et qui eut, certainement à son insu, une importance décisive pour le développement du jeune musicien. Le troisième (Episodi), qui fait la part belle au hautbois, est dédié au hautboïste italien Pietro Borgonovo rencontré lui aussi à Rome, et le quatrième (Giocoso) à Didier Pateau et Maryvonne Le Dizès qui créèrent la version définitive de ces Quatre Nocturnes au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris le 7 avril 1991 dans la série de Musique de chambre de l'Ensemble InterContemporain.
Sous leur apparence virtuose et quelque peu "extérieure", ces Quatre Nocturnes cachent un profond désir de renouvellement. Ils constituent un premier tournant esthétique dans la trajectoire de N. Bacri qui, avec cette œuvre — les riches possibilités dans le domaine hétérophonique qu'offre l'alliage du violon et du hautbois aidant — se penche pour la première fois sur la vie de la matière sonore en tant que telle. Cette tendance marquera également deux de ses œuvres les plus représentatives : Esquisses pour un Tombeau (quatuor à cordes n°3, op 18) et Capriccio Notturno (Concerto pour clarinette, op 20).



Hélène Thiébault

textes