Nicolas Bacri



Toccata sinfonica
op34 (1987/89/92-93)

Trio n°1 pour piano, violon et violoncelle

Prologo (Adagio massivo) - Presto strepitoso - Berceuse de la mort (Adagio disolato) - Epilogo (Presto strepitoso)

Dédiée au Lions Gate Trio

Première audition (1ère version), Berkshire Festival, Tanglewood, Theatre Concert Hall, Lenox (U.S.A.), 12 août 1991 par le Lions Gate Trio

Première audition de la version définitive, Studio 106 de Radio-France, Paris, 28 septembre 1993 par le Trio Henry



La première version de la Toccata sinfonica fut créée sous le titre : Trio op 24c. Après sa troisième audition N. Bacri décida de revoir entièrement la conception de cette composition. Le travail dura deux ans et lui permit d'approfondir l'aspect pianistique de l'œuvre qui n'était qu'ébauché dans la première version. Le Trio op 24c s'appuyait en effet essentiellement sur une réinstrumentation du Duo op 25 pour violon et violoncelle alors intitulé Duo op 24. (La Berceuse de la mort — qui n'est autre que la Musica notturna n° 3 extraite de Requiem pour alto et orchestre de chambre et le deuxième mouvement de Threnos pour deux altos — subsiste d'ailleurs dans les deux ouvrages.)
L'œuvre est d'un seul tenant. On peut considérer qu'elle est de forme cyclique en quatre mouvements enchaînés (Lent-Vif-Lent-Vif). Des éléments thématiques importants circulent à travers la composition et la similitude entre les deux mouvements rapides est si frappante qu'on serait tenté d'y voir un grand Scherzo symphonique dans le caractère d'une Toccata virtuose et orchestrale dont le Trio (Berceuse de la mort) serait très largement développé. Le "motif principal" de l'œuvre, énoncé au tout début, provient du Prélude pour piano op 24 n° 2 (alors numéroté op 24b) qui figurait intégralement dans le Trio op 24c.
Cette œuvre est au genre symphonique ce que la nouvelle est au roman. Avec concision, concentration des événements, justesse de leur présentation, maîtrise du temps, elle nous entraîne dans un mini-drame extrêmement sombre. Tels un postulat dramatique, les premiers accords froidement énoncés vont provoquer une avalanche de réactions : registres distendus, intervalles étirés, lignes opposées caractérisent le Prologue. Le Presto strepitoso est d'une énergie bouillonnante et d'une agitation oppressante. La Berceuse de la mort nous plonge dans un univers intemporel. Enfin, c'est la vivacité et la nervosité de l'Epilogue qui nous arrachent de cette sérénité plutôt funèbre pour nous précipiter dans le défilement intrépide et fiévreux d'un discours au dénouement brutal.

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