Nicolas Bacri



Moments musicaux pour piano
Cahiers I, II & III

(Editions Durand)

Trois Fragments, opus 13 (1984/85/88/89)
Maestoso - Calmo - Sognando

Deux Préludes, opus 24 (1988)
Moderato con fantasia — Adagio massivo

Trois Préludes, opus 28 (1989)
Deciso — Nocturne (Adagio) — Comme un choral (Lento)



Ces trois recueils forment respectivement le premier, deuxième et troisième cahier des Moments musicaux. Ce titre désigne avant tout la brièveté des œuvres, leur caractère fragmentaire. Ce sont comme les pages d'un journal intime, décousues : les pièces sont datées d'un jour, parfois deux. Elles sont comme la discrète amplification d'un unique geste musical, noté sans contrainte, sans presque y revenir."Les Deux Préludes op 24 ont été écrits au moment où je me remettais à composer au piano. Des idées me sont venues au piano... elles y sont restées, un peu comme une empreinte (…)."Les Deux Préludes, dédiés à Ani Gazarian, sont écrits dans un style volontiers rhapsodique. La délicate fantaisie du Moderato contraste avec l'Adagio massivo qui clôt le recueil, tel un glas funèbre. Les Trois Préludes, dédiés à Jean-Manuel de Scarano, sont d'une texture plus homophone. Des blocs réguliers, martelés avec force dans le Deciso initial ; la figure de basse obstinée, les délicats échos ou les octaves passionnées du Nocturne ; le Choral, enfin, qui lie en un seul mouvement la plus désarmante candeur au pathos le plus violent : dans ces pièces, Nicolas Bacri a su créer un langage dont la simplicité n'a d'égal que la force — un langage qui allie l'actualité du geste et la virtualité du symbole dans l'heureuse alchimie du style."Ce sont des pièces que j'ai reprises dans d'autres œuvres : ce sont en fait des esquisses. Le premier des Trois Préludes se retrouve dans une Sonate pour violoncelle et piano plus récente. Quant au Nocturne, je l'avais d'abord écrit pour harpe; je l'ai aussi utilisé et développé dans ma Troisième Symphonie. Pour le troisième Prélude, c'est le contraire : en écrivant cette symphonie, j'ai repris un passage de violoncelles divisés au tempo plus modéré pour en faire cette pièce en valeurs longues"Un aperçu de l'artisanat qui accompagne toute création, des nombreuses retouches, des liens et des ruptures au sein de l'œuvre en gestation : ces cahiers sont comme un arrêt sur l'image du montage en cours."Le premier cahier des Moments musicaux (dédié à Michel Bourdoncle) est intitulé Fragments, tout simplement parce qu'il s'agit de fragments d'une fantaisie pour piano que j'avais travaillée et retravaillée. A force de la couper, j'ai finalement décidé de casser le mouvement en trois parties, conférant ainsi à cette pièce l'aspect paradoxal d'un tout fragmenté (…)"



Peter SZENDY
Novembre 1991


Les citations en italique proviennent d'entretiens avec le compositeur réalisés par P. Szendy le 19-XI-91

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