| Exigeantes, sans la moindre concession à la facilité, ces trois pièces sont les témoignages inspirés d'un compositeur qui mériterait d'être davantage mis en lumière. Benoît Fauchet Diapason n°463 Octobre 1999 Edith Canat de Chizy est à la fois héritière et défricheuse. Héritière, pour avoir assimilé plusieurs traditions d'ailleurs opposées. Par son souci de clarifier son discours, en fondant sa musique sur des formes repérables, des échelles modales, des polarités sonores, elle procède d'une certaine tradition française moderne, celle de Jolivet, de Messiaen et de Dutilleux, par sa spiritualité humaniste, elle serait plus proche d'Ohana; par son sens du travail de la matière, elle a retenu la leçon d'lvo Malec, sculpteur de sons orchestraux et électroacoustiques. Mais elle est avant tout elle-même, avec en plus un formidable sens du chatoiement des timbres. Ce CD un peu trop court est né de la résidence d'Edith Canat de Chizy à l'Arsenal de Metz. Exultet (1994-1995), concerto pour violon et orchestre caractérise bien l'art (et la manière) de la compositrice. Il faut admirer la fluidité, l'équilibre du rapport entre le soliste et l'orchestre, la fermeté architecturale et aussi (surtout ?) le raffinement dans le jeu des timbres et des nuances, tout cela admirablement réalisé par Laurent Korcia, le créateur. Siloël (1992) est une pièce pour douze cordes dédiée à l'ange de l'énergie de la tradition hébraïque. L'uvre est tripartite, deux "moments" violents encadrant un épisode étonnant d'inventivité sonore où les cordes opèrent une transformation progressive des timbres. Bel exemple de métabole musicale! Bel exemple également de science orchestrale. Le concerto pour violoncelle Moira (1997-1998) est directement lié à la résidence messine de la compositrice. Les références hébraïques et chrétiennes des pièces précédentes font place à l'univers de la tragédie grecque, évoquée ici par une alternance de passages hiératiques, soulignés par des groupes de percussion et de passages tendus, expressifs, implorants, souvent très mélodiques. Les moyens musicaux sont aussi raffinés que dans Exultet, avec peut-être encore plus de maîtrise dans l'organisation de climats étranges, d'une véritable dramaturgie du son. Un CD important. Jacques Bonnaure Répertoire n°129 Novembre 1999 Enregistrement recommandé par Répertoire.
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