| Extraits de presse sur la création de Magnificat Antiphone pour la Visitation opus 3 le 16 décembre 1980 : (
) Cette uvre lumineuse, qui fait un peu penser à du Caplet, est écrite de façon très moderne et originale. Le Magnificat et des textes apparentés (psaumes, litanies, antiennes) se meuvent dans une sorte de champ harmonique, magnétique comme un immense vitrail qui vit et se transforme peu à peu selon linclinaison des rayons du soleil. Les quatre périodes de ces psalmodies jubilantes, le plus souvent en brouillards sonores doù jaillissent de grandes exclamations ou proclamations du ténor solo, forment un " corps mystique ", un organisme fortement structuré reposant sur une cellule issue dun introït grégorien, des rapports constants entre les hauteurs, que le compositeur compare aux duos synchrones des oiseaux africains, et la tunique sans couture des timbres vocaux allant des basses et des ténors dans leur plus haut registre jusquaux sopranos, selon un procédé emprunté à la popmusic. Lorchestre, lui-même, tout en trémolos frémissants, en glissandos, en ornements, en vocalises, parachève ce continuum sonore, dense et léger à la fois, que des soli vocaux et instrumentaux viennent émailler de ravissants dessins. (
) Jacques Lonchampt Le Monde Samedi 20 décembre 1980 (
) ce Magnificat pour ténor, chur mixte et orchestre apparaît comme une partition dune haute élévation desprit, écrite avec une technique dune totale sûreté et mettant en uvre des idées originale. On retrouve le goût de Jean Louis Florentz pour une matière sonore extrêmement fine, même dans les passages " forte ", sécoulant comme un ruisseau de sable dont chaque grain a sa propre musique et demeure perceptible. Des lignes se superposent, lune continue, lautre brisée. Le soliste sintègre dabord en une déclamation rythmée proche du grégorien puis la voix séchappe sur une tessiture plus tendue. La couleur densemble, avec ses brusques éclatements et ses dissonances qui se résolvent soudain de manière rassurante, rappelle parfois certains passages des uvres chorales de Penderecki. Cest une musique dune couleur très particulière, à la fois lumineuse et un peu crue, douloureuse et apaisante. Comportant quatre parties, se référant à des structures traditionnelles de la musique la plus ancienne, mais directement placée aussi sous linspiration des musiques et du paysage africains, luvre est dune construction stricte, totalement maîtrisée et le jeune compositeur a, de toute évidence, approfondi sa technique, parvenant aujourdhui a une plus grande variété dexpression, à des oppositions de timbre et de rythmes qui lui permettent denvoûter lattention de lauditeur sans relâche, avec une égale intensité. Gérard Mannoni Le Quotidien de Paris n°332 Lundi 22 décembre 1980 | textes |