Extrait de presse sur la création du Songe de Lluc Alcari, concerto pour violoncelle opus 10
le 13 octobre 1994 :


Florentz est un créateur solitaire et rare. Passionné par les civilisations extraeuropéennes, sa musique se ressent de la double évidence d’une foi ouverte, lucide et généreuse, et d’une perméabilité aux langages de ces civilisations. Son concerto, Le songe de Lluc Alcari, est une déploration douce-amère sur la perte d’un être cher. Une mélopée traverse l’œuvre, jouée aux cors, aux flûtes, aux cordes dans l’aigu, au violoncelle concertant, soutenue de grands accords somptueux ponctués de déflagrations des percussions à clavier. Fausse entrée : le premier violoncelle solo joue le premier ; le soliste lui répondra, et dès lors, le premier sera l’ombre, le double du second. Aux dernières mesures, le pupitre de violoncelles tout entier répond au soliste, lequel clôture l’œuvre, littéralement étouffé par une cymbale frappée fortissimo. Douce mélancolie et mort brutale. Ce concerto est d’une texture superbe, magnifiquement entendue, consonante mais non tonale, âpre et forte. La partie soliste est ornementée, presque orientalisante, mais sans jamais tomber dans l’exotisme de façade. A-t-on tous les jours la certitude émue qu’un concerto va entrer au répertoire ? (…)


Renaud Machard
Le Monde
Jeudi 20 octobre 1994

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