Extraits de presse sur Les jardins d’Almènta :


Comme dans ses œuvres précédentes, Florentz fait référence aux cultures d’Afrique orientale puisque ce " conte symphonique " se fonde sur un épisode du Livre des morts égyptien, et se présente sous forme d’un flux continu subdivisé en un grand nombre de sections narratives imperceptiblement liées entre elles et que distinguent pourtant le jeu des groupes instrumentaux, les changements de pulsation et d’atmosphère, de sorte que l’on a ici affaire à un véritable concerto pour orchestre, où chaque partie, richement et finement ouvragée, possède sa propre autonomie sans cesser de s’intégrer dans la riche masse symphonique.
Conçue au cours de la résidence du compositeur auprès de l’Orchestre National de Lyon, cette ample partition est un merveilleux cadeau pour l’orchestre et pour chaque instrumentiste en particulier, sans cesse sollicité par des interventions intéressantes. La tonalité suspendue mais toujours polarisée, la coloration sans cesse changeante relancent sans cesse l’intérêt de l’auditeur et l’on peut prédire à ces Jardins une carrière fructueuse : c’est de tels ouvrages que les orchestres et le public manquent le plus aujourd’hui.

Jacques Bonnaure
La Lettre du Musicien n°201
Décembre 1997




Toutes sortes d’influences nourrissent la pensée de Jean Louis Florentz, qui a assimilé les cultures musicales les plus éloignées de la pensée occidentale. Ses nombreux voyages l’ont mis en contact avec les rites des Eglises éthiopiennes aussi bien qu’avec les musiques africaines ou le chant des oiseaux kenyans. Fasciné par ses mondes si divers, il les a explorés en ethnomusicologue et en scientifique. Ce disque, témoignage de sa résidence auprès de l’Orchestre National de Lyon, débute par un comte symphonique s’inspirant du Livre des morts égyptien. Ce voyage d’un défunt dans Les jardins d’Almènta est la trame d’une œuvre qui dépasse le simple récit ayant servi de prétexte. L’œuvre suivante, le concerto pour violoncelle Le songe de Lluc Alcari, créé par Yvan Chiffoleau et l’Orchestre de Paris en 1994, comporte elle aussi divers niveaux de signification. On peut cependant rester à l’écart de la démarche qui a conduit Florentz à élaborer son œuvre, et apprécier celle-ci en tant que telle, avec son orchestration aux multiples couleurs. L’ange du Tamaris, pour violoncelle seul, est comme un cousin de la pièce précédente. C’est la seule œuvre de cette dimension conçue par Florentz pour instrument soliste. Comme les autres, elle prend naissance dans un récit emprunté, cette fois, au Testament d’Abraham, livre apocryphe de l’Ancien Testament. Elle apparaît comme un développement de forme strophique d’éléments provenant du Songe de Lluc Alcari. Ce beau disque est magnifiquement interprété par les musiciens de Lyon et Yvan Chiffoleau.

François Vercken
Le Monde de la Musique n°220
Avril 1998

textes