| Philippe Hersant LES CINQ PIÈCES POUR ORCHESTRE DE PHILIPPE HERSANT (commande de musique nouvelle en liberté) par David Herschel Cette uvre constitue lexpression symphonique dun genre que le compositeur a plusieurs fois illustré dans le domaine de la musique de chambre : celui de la miniature sonore. Après diverses pièces brèves consacrées à un instrument soliste (Chants du Sud, pour violon, Cinq miniatures pour flûte alto), et dautres, conçues pour un petit effectif (Huit pièces pour basson et ensemble), Ici lorchestre offre toutes les nuances de sa palette à cet effort de concision. Un orchestre restreint, cependant, de formation Mozart, et qui veut tirer parti de la richesse suggestive dun motif, dun rythme, dun timbre ou dun mélange de timbres, sans chercher à en développer le matériau. Limagination de lauditeur est ici dautant mieux sollicitée que les notes sordonnent sans grand épanchement, avec un souci de densité et dimmédiateté. Ecrites après la page sombre et tragique quest le second Concerto pour violoncelle et orchestre, les Cinq pièces se situent à son extrême opposé, par le caractère plus détendu, plus léger et à la fois plus objectif de leur contenu : au lyrisme quasi narratif du Concerto sopposent le caractère rythmique et le tempo généralement rapide des Pièces
si lon veut bien excepter la quatrième dentre elles, orchestration et refonte dune Elégie pour quatuor à cordes écrite sept ans plus tôt, qui fait ici office de mouvement lent. Le titre de Cinq Pièces pour orchestre ne peut pas ne pas évoquer lOpus 16 dArnold Schoenberg, de même titre, lune des premières uvres de latonalisme libre. Les Pièces de Philippe Hersant leur rendent un bref hommage en citant un fragment de la première dentre elles en leur deuxième mouvement. Ce deuxième mouvement est le plus simple : quelques accords de tierce, qui souvrent comme un éventail , selon lexpression du compositeur, quelques solos pour les chefs de pupitre (violoncelle, alto, premier violon) et quelques interventions mécaniques des bois. Le caractère mécanique de lécriture rythmique imprègne toute entière la première pièce, avec ses rythmes carrés, ses formules répétées, ses ostinatos, mais aussi la troisième, sorte de scherzo, ou de toccata, en forme de mouvement perpétuel. Quant à la pièce finale, elle se présente comme un grand crescendo qui conduit à la reprise (variée et abrégée) du premier mouvement. David Herschel | textes |