Krystof Maratka

Krystof Maratka - Biographie :

Les œuvres de Krystof Maratka ont déjà séduit un large public international. Programmées dans de multiples festivals et séries de concerts, en Europe, aux Etats-Unis, en Australie et souvent fruit de commandes (Concours d'Evian,Festival de Musique Contemporaine de Dresde, musique nouvelle en liberté, Concours Rostal de Berlin, État français, Fondation Sophia Antipolis, Korsholm Music Festival en Finlande, Prince de Polignac), elles ont été jouées par de nombreux interprètes - des solistes tels que Patrick Gallois, Franz Helmersohn, Gustavo Romero, Michel Lethiec et Raphaël Oleg, des ensembles de musique de chambre comme les quatuors Talich, Ysaye, Kandinsky, le Mozart Piano Quartet, et des orchestres tels que l'Orchestre de Radio France, la Camerata de St. Petersbourg et la Philharmonie de Brao.

Krystof Maratka est né à Prague en 1972 dans une famille qui a favorisé son épanouissement artistique. Il a étudié le piano et la musique de chambre puis suivi les classe d'écriture, d'analyse et de composition au Conservatoire de cette ville, auprès de Bohuslav Rehor et Petr Eben. Le pays s'ouvrait alors à de nouvelles influences après la chute du régime communiste. Très vite, Krystof Maratka profite de ce vent de liberté pour voyager, aidé notamment par une bourse de l'lnstitut français de Prague. En 1994, il s'installe à Paris, séduit par l'attitude favorable des institutions et des interprètes français à l'égard de la musique d’aujourd’hui. Il y suit le Cursus d'informatique musicale de l'IRCAM en 1999 et devient Lauréat de la Fondation Natexis.

Son catalogue est riche d'une vingtaine de numéros, manifestant un goût prononcé pour la musique de chambre, mais comprenant aussi des œuvres concertantes, des transcriptions et des arrangements de musique populaire. Assurément, ses partitions exaltent les interprètes, elles leur donnent l'envie de jouer ensemble, et leurs inspirations se nourrissent des possibilités instrumentales, confiant dans le pouvoir expressif de la musique.


biographie




Krystof Maratka - Portrait :

par Jacques Bonnaure

A tout juste trente ans, Krystof Maratka a vécu dans sa carrière de compositeur un tournant de l’histoire européenne. Tout enfant, il voulait déjà être compositeur. Dans la Prague des dernières années du communisme, cela signifiait encore se soumettre à un académisme bien rôdé, plus ou moins toujours soumis aux canons du réalisme socialiste. C’est pourtant à l’Académie de Prague, sa ville natale que, parmi d’autres maîtres, il rencontrera Petr Eben qui aura sur lui une influence esthétique et spirituelle considérable et dirigera ses études d’écriture. Après la “Révolution de velours“, les choses changent lentement dans le monde musical ; à Prague, on ne sait trop que faire de cette nouvelle liberté. C’est alors que doté d’une bourse de l’Institut français de Prague, il vient s’installer à Paris, en 1994. A l’époque, il se demande encore s’il ne va pas poursuivre sa formation pianistique et étudie avec Jean-Claude Pennetier. En revanche, la carrière de compositeur s’impose avec évidence. Dans ce domaine, il se forme en autodidacte, rencontrant beaucoup de musiciens, apprenant en écoutant, fasciné par la richesse d’informations disponibles à Paris. L’intérêt du milieu vient assez rapidement. Henri Dutilleux, qui ne le connaît pas, assiste à un concert de ses œuvres et le conseille. Le violoncelliste Alain Meunier, après une création, lui commande immédiatement les Fables pour quatuor à cordes d’après La Fontaine, pour le Concours de Quatuors d’Evian.

On se souvient des aphorismes de Poulenc : « Je n’ai pas de système d’écriture (système équivalent à “trucs“) » ou « Il faut être éclectique. » C’est un peu, semble-t-il, le credo de Krystof Maratka, pour qui l’audition interne est à la base de la création. Il n’écrit que ce qu’il entend en lui. C’est ce qui explique peut-être que sa participation au cursus d’informatique musicale de l’IRCAM l’ait seulement conforté dans l’idée…que cette voie n’était pas la sienne.

A ce jour, son catalogue approche la vingtaine de titres (les pièces de la période praguoise ont été écartées) et chaque œuvre est un monde en soi, dont l’identité est alimentée par des sources très variées, l’inspiration littéraire, des formes abstraites, des jeux de timbres, les circonstances d’une rencontre amicale. Sur ce point d’ailleurs, l’œuvre de Krystof Maratka ne serait pas ce qu’elle est sans un réseau d’interprètes amicaux et fidèles, à commencer par son épouse l’altiste Karine Lethiec (dédicataire d’Astrophonia pour alto, orchestre à cordes et piano), son beau-père le clarinettiste Michel Lethiec, le violoncelliste François Salque, le flûtiste Patrick Gallois, les Quatuors Ysaÿe et Talich, le Trio des Iscles, l’ensemble Calliopée, et de nombreux orchestres ou jeunes solistes qui inscrivent ses œuvres à leurs programmes, jusqu’au Philharmonique de Radio France et à la Philharmonie de Brno. Il reconnaît d’ailleurs que, lorsque l’œuvre est interprétée, elle n’appartient plus à son seul créateur, que l’interprète se l’approprie, et qu’il convient d’entretenir avec lui une relation exigeante (car le compositeur joue sans cesse avec les limites techniques) et confiante.


Jacques Bonnaure
in La lettre de musique nouvelle en liberté n° 15
2ème trimestre 2002