Edition 2000


Musique nouvelle en liberté proposera, du 22 novembre au 2 décembre 2000, la troisième édition du Festival Paris de la musique. Une occasion d'aborder sereinement la création musicale du siècle qui commence, quelques mois après le tintamarre du millénaire.

Comme l'avait souhaité Marcel Landowski, ce festival triennal sera, cette année encore, principalement tourné vers la jeune génération de compositeurs français. Malgré la disparition de notre président-fondateur, le 23 décembre dernier, nous avons choisi de maintenir la programmation initialement prévue avec lui. Musique nouvelle en liberté rendra hommage à la musique de Marcel Landowski au cours de la saison 2001-2002, en faisant notamment entendre à Paris sa dernière grande œuvre : l'oratorio Le mystère de la Création, créé à Reutligen (Allemagne) le 13 juin 2000.

Créations symphoniques :

Les troisièmes Paris de la musique — comme l'édition de 1997 — seront principalement consacrés à la musique symphonique. Les grandes formations orchestrales restent difficilement accessibles pour les jeunes compositeurs et notre rôle consiste, notamment, à favoriser cettte rencontre. Ainsi, l'Orchestre Philharmonique de Radio France présentera deux musiciens américains peu connus du public français, Askell Màsson et Stewart Wallace ; l'Orchestre National des Pays de la Loire a choisi de programmer deux de ses compositeurs en résidence  : Guillaume Connesson et Jean-François Zygel. L'Orchestre Colonne reprendra sous la direction d'Edmond Colomer la Symphonie n° 1 de Thierry Escaich — car nous attachons autant de prix aux reprises qu'aux créations. L'Orchestre Philharmonique de Strasbourg fera entendre Ritratto concertante pour piano et orchestre de Jean-Louis Agobet — commande de musique nouvelle en liberté dont un mouvement a déjà été créé à Montpellier par le bouillonnant pianiste russo-américain Alexander Paley. Enfin, l'Orchestre National de France présentera, en version de concert, une grande partition lyrique : La mort de Virgile de Thierry Lancino. On découvrira également, en ouverture de plusieurs concerts, trois fanfares signées par Paul Malinowski (Orchestre Colonne), Richard Dubugnon (Orchestre Philharmonique de Strasbourg) et Pascal Zavaro (Orchestre National de France, commande de musique nouvelle en liberté).

Au cours de ces troisièmes Paris de la musique, un hommage particulier sera rendu à l'un des maîtres de la musique française contemporaine : Serge Nigg. Son Concerto pour violon sera créé par Raphaël Oleg, avec l'Orchestre du Capitole de Toulouse sous la direction de Michel Plasson. Marcel Landowski et Michel Plasson avaient choisi de passer ensemble cette commande à Serge Nigg qui sera l'un des moments forts du Festival. Ce concert sera donné avec le soutien de la Fondation Pleyel.

Les formations plus réduites seront également à l'honneur. L'Ensemble Orchestral de Paris - partenaire privilégié de musique nouvelle en liberté - reprendra les Cinq pièces pour orchestre de Philippe Hersant, - une autre commande de notre association. Nous nous réjouissons aussi de faire entendre pour la première fois à Paris, La Philharmonie de Chambre — cet orchestre constitué des meilleurs jeunes solistes français et remarqué au Festival de Deauville, sous les baguettes d'Emmanuel Krivine et de Marc Minkowski. Ce programme devait inclure la création du Concerto pour violon et orchestre d'Olivier Greif. La disparition subite de ce compositeur nous a contraint à remplacer cette oeuvre par Durch Adams Fall, concerto pour violoncelle — dernière grande composition symphonique d’Olivier Greif qui sera interprétée par son créateur, Henri Demarquette, sous la direction de Marc Minkowski. Cette soirée exceptionnelle, placée sous le Haut Patronage de Monsieur Jacques Chirac, Président de la République, sera donnée au profit d'Action contre la Faim.

Ensembles et musique de chambre :

La musique vocale et la musique de chambre seront également présentes au cours de ce Festival. Le concert d'ouverture sera donné par deux ensembles de haute qualité — qui travaillent régulièrement avec notre association : l'un francilien, TM+ et l'autre marseillais, Musicatreize. Ce programme sera joué à Paris et à Nanterre, pour souligner la présence active de musique nouvelle en liberté en Ile de France — notamment grâce au soutien financier de la Région, associée depuis l'an dernier à la Ville de Paris, au Ministère de la Culture et à nos autres partenaires, dans cette grande action en faveur de la musique d'aujoud'hui. L'Opéra Comique a également bien voulu nous ouvrir ses portes, pour un foisonnant programme de musique de chambre conçu par Paul Meyer, Eric Le Sage, Régis Pasquier et les membres du Quatuor Debussy.

Répertoire et redécouvertes :

Comme le veut le principe fondateur de musique nouvelle en liberté, toutes les œuvres contemporaines des Paris de la musique seront présentées au cours de concerts de répertoire, ouverts au plus large public mélomane. L'occasion de découvrir quelques aspects de la création, de réentendre les grands classiques dans des interprétations marquantes ; mais aussi de redécouvrir certains pans du répertoire trop oubliés.

Parmi les moments forts de cette programmation figureront notamment Renard de Stravinsky, la Symphonie n° 11 de Chostakovitch dirigée par Leonard Slatkin, le Double Concerto de Brahms par David Grimal et Frans Helmerson sous la baguette d'Hubert Soudant. L'Eroica de Beethoven, interprétée par Marc Minkowski, le Quintette de Franck, la Symphonie espagnole — de plus en plus rare au concert — redécouverte par Laurent Korcia, le duo Nelson Freire / Gilbert Varga dans le Concerto Jeunehomme de Mozart, Les sept péchés capitaux — chef-d'œuvre parisien de Kurt Weill, créé au Théâtre des Champs-Elysées en 1933 — chantés par Angela Kirschschlager sous la baguette de Jan Latham-Koenig, Shéhérazade de Rimski-Korsakov brossé en grandes couleurs par Michel Plasson, mais aussi deux chefs-d'œuvre méconnus de la musique française moderne : La ballade de la geôle de Reading de Jacques Ibert, et les Danses rituelles d'André Jolivet presque jamais données dans leur version orchestrale.

Le Festival des interprètes :

Selon le principe adopté depuis longtemps par musique nouvelle en liberté, les interprètes restent les principaux décideurs dans la programmation de ce Festival. Qu'il s'agisse d'orchestres programmant "leurs" compositeurs en résidence ou de solistes passionnés par la musique d'aujourd'hui, ils vous feront entendre les musiciens qu’ils aiment. Il faut rendre un hommage particulier à ces artistes qui, tout en accomplissant de brillantes carrières internationales dans le répertoire classique, s'efforcent de faire connaître la création au grand public : ainsi, le clarinettiste Paul Meyer, les pianistes Eric Le Sage ou Alexander Paley et tous ces violonistes — brillants représentants d'une école française en plein renouveau — qui seront à l'honneur au cours de ces Paris de la musique : Régis Pasquier dans la Sonate de Nicolas Bacri et L'histoire du soldat de Stravinsky, Raphaël Oleg dans le Concerto de Serge Nigg, Laurent Korcia dans la Symphonie espagnole et David Grimal dans le Double Concerto de Brahms.

La salle Pleyel et Radio France, partenaires des Paris de la musique :

Comme en 1997, la salle Pleyel est le partenaire privilégié de musique nouvelle en liberté dans l'organisation de ce Festival. Quatre concerts symphoniques se dérouleront dans la grande salle du Faubourg Saint-Honoré — dont les responsables ont voulu soutenir notre projet artistique. Nous avons par ailleurs développé un partenariat avec d'autres hauts lieux musicaux de la capitale : notamment la salle Cortot et l'Opéra Comique. Ces Paris de la musique ont également pu voir le jour grâce au concours actif de Radio France, présent à la fois par ses orchestres (National et Philharmonique) et par l’accueil de l'Orchestre National des Pays de la Loire à l’auditorium Olivier Messiaen.

Espérant que cette manifestation saura retrouver et dépasser le grand succès de 1997, je tiens enfin à remercier ceux qui nous permettent d'exister depuis bientôt dix ans : en premier lieu la Ville de Paris qui soutient l'essentiel de notre action et qui a donné son nom à ce Festival. Mais aussi le Ministère de la Culture, le Conseil Régional d’Ile de France, le FCM, l’Adami, la Sacem, Philip Morris France et Mécénat Musical Société Générale.

Tous les concerts des Paris de la musique comporteront des places à prix réduit. Venez nombreux. Mais surtout sans oublier que musique nouvelle en liberté, ce sont aussi plus de 500 concerts soutenus chaque année dans toute la France — une action en profondeur dont ce festival offre, tous les trois ans, le reflet aussi passionnant que possible.


Benoît Duteurtre