|
|
|
|
|
Edition
2003
La couleur française
I Pour sa quatrième édition
(après 1994, 1997 et 2000), le festival Paris de la musique s'adresse
une fois encore au plus large public mélomane, en mêlant
dans ses programmes le grand répertoire classique et les uvres
contemporaines, interprétés par des ensembles et des solistes
de premier plan. La place prépondérante reviendra cette année
aux créations symphoniques, souvent négligées dans les
manifestations de musique contemporaine, ne serait-ce que pour des raisons
économiques (un heureux partenariat avec les formations invitées
nous permet de présenter huit concerts pour grand orchestre). Dautre
part, nous avons souhaité mettre à l'honneur des compositeurs
de toutes générations, sans nous en tenir aux "jeunes créateurs"
puisque après tout les moins jeunes font, eux aussi, pleinement
partie du paysage de la création musicale ; sans nous limiter non plus
aux créations mais en proposant également des reprises duvres
trop rarement jouées.
I On pourrait dire de ces Paris de la
musique 2003 qu'ils proposent une illustration musicale de la "couleur
française" dans sa continuité, de Berlioz à nos
jours. On y redécouvrira notamment plusieurs chefs-duvre
de la première moitié du XXe siècle composés par
Debussy (Le martyre de Saint Sébastien), Roussel (Troisième
symphonie), Ravel (les deux Concertos pour piano), Dukas
(La Péri), Magnard (Quatrième symphonie). On y
rendra également hommage à Olivier Messiaen (Couleurs de
la cité céleste), à Henri Dutilleux (Métaboles,
Sur le même accord). On y découvrira, enfin, ceux qui
incarnent peut-être aujourd'hui un renouveau de cette école,
à travers des démarches différentes, qu'il s'agisse du
courant "spectral" (concert anniversaire de l'Itinéraire,
avec les uvres de Tristan Murail et Michaël Levinas) ou de la "nouvelle
vague" symphonique qui se déploie, de Jean-Louis Florentz à
Guillaume Connesson et Richard Dubugnon.
I Dans la préparation des Paris
de la musique (comme dans l'ensemble des activités de musique nouvelle
en liberté) les programmes sont élaborés en étroite
collaboration avec les interprètes, et le plus souvent à l'initiative
de ceux-ci. On pourra ainsi découvrir un concerto pour violoncelle
de Piotr Moss, commandé par Gautier Capuçon après sa
rencontre avec le compositeur. Pendant deux jours, l'Orchestre national des
Pays de la Loire, dirigé par son chef Hubert Soudant, présentera
à Paris des uvres de ses trois compositeurs en résidence
: Jean-Louis Florentz, Bernard Cavanna et Guillaume Connesson. Et c'est Thierry
Escaich lui-même qui interprètera son Concerto pour orgue
(commandé par musique nouvelle en liberté en 1995 et
présenté depuis dans de nombreux pays), au cours d'un concert
de l'Orchestre national de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus,
au Théâtre du Châtelet.
I Comme son nom l'indique, ce festival
est d'abord un festival parisien qui se déploiera pendant près
de quinze jours dans toute la capitale et ses différents lieux de musique
qui ne sont pas seulement des salles de concerts. LOrchestre
national dIle-de-France interprétera au Cirque dHiver un
programme délibérément "populaire" de musique
contemporaine avec les Folk songs de Luciano Berio et une création
du poète et compositeur Jacques Rebotier. LOrchestre Lamoureux
donnera sur la scène de lOpéra Comique un concert mêlant
lesprit jazz et lesprit classique avec une création
de Frédéric Verrières pour piano, trio de jazz et orchestre.
Enfin, les amateurs de musique sacrée se retrouveront à Sainte-Clotilde
pour entendre des uvres de Renaud Gagneux et Vincent Paulet en
écho à Poulenc et Duruflé. Les enfants de plusieurs écoles
parisiennes profiteront également de ces manifestations, à travers
une préparation spécifique proposée dans les classes
par des musiciens d'orchestre, et se prolongeant dans des invitations à
plusieurs concerts de ce festival.
I Nous nous réjouissons de l'harmonieuse
coopération avec Radio France qui participe aux Paris de la musique
avec ses deux grandes formations. Au Théâtre des Champs-Elysées,
lOrchestre national de France présentera la création française
du Nocturne pour violon et orchestre d'Henri Dutilleux par Anne-Sophie
Mutter, sous la direction de Kurt Masur. LOrchestre philharmonique proposera
de son côté des créations de Richard Dubugnon et Magnus
Lindberg à lauditorium Olivier Messiaen cette salle accueillant
plusieurs autres concerts du festival, tous enregistrés par France
Musiques.
I En dehors de cette programmation principalement
orchestrale, les amoureux de la musique de chambre se retrouveront salle Cortot
pour un cycle exceptionnel de quatuors à cordes français, mêlant
les grands classiques du genre (Debussy, Ravel, Franck, Roussel), les ouvrages
injustement oubliés (Lalo, Menu, Dalayrac, Jadin) et une série
de quatuors contemporains. On entendra ainsi pour la première fois
à Paris le Livre pour quatuor de Pierre Boulez, mais aussi des
quatuors d'André Boucourechliev, Charles Chaynes, Olivier Bernard et
Marius Constant : cinq compositeurs nés en 1925 ; façon de souligner
la richesse et la diversité créatrice au sein d'une même
génération.
Benoît Duteurtre
directeur de musique nouvelle en liberté
|
|