Édito


Pour cette sixième édition des Paris de la Musique, nous avons choisi de ne suivre aucun fil conducteur, aucun thème musical spécifique, mais tout simplement d’illustrer, en six concerts, l’esprit de musique nouvelle en liberté – tel qu’il se déploie au fil de l’année, un peu partout en France, dans près de 900 manifestations musicales.


On peut tenter de résumer cet esprit en quelques points :

Une présence éclatée dans divers lieux musicaux, où nous sommes heureux d’apporter notre marque et notre soutien : outre l’auditorium Messiaen où se dérouleront plusieurs concerts en partenariat avec Radio France, ce seront cette année l’église Saint-Étienne-du-Mont, le Théâtre des Bouffes du Nord et, bien sûr, le Châtelet, étroitement lié comme musique nouvelle en liberté à la ville de Paris

Des programmes mêlant harmonieusement répertoire et créations permettront d’entendre Zygel, Connesson, Stroppa, Gervasoni, Rhorer, Campo, Escaich, Levinas, Zavaro – mais aussi de retrouver Debussy, Ravel Britten, W.F. Bach, Berio, Stravinsky, Poulenc, Fauré, Arlen, Prokofiev (cette nette prédominance de la musique du xxe siècle soulignera peut-être aussi la continuité entre grandes œuvres modernes et création d’aujourd’hui).

Une manifestation indissociable des interprètes qui ont voulu porter, créer, soutenir certaines œuvres : ainsi le concerto de Connesson écrit pour le violoncelliste Jérôme Pernoo ; ainsi la double présence du jeune chef d’orchestre Jérémie Rhorer à la baguette pour cette même création et, quelques jours plus tard, comme compositeur du Cimetière des enfants ; ainsi l’engagement de Felicity Lott dans Le Bestiaire, création de Régis Campo – dont elle avait déjà chanté la musique voici quelques années ; ainsi la double présence de Thierry Escaich comme compositeur et comme organiste.

Des créations (Connesson, Rhorer, Campo, Escaich, Levinas, Zavaro) mais aussi des reprises d’œuvres contemporaines (Stroppa, Gervasoni, Berio)

Mentionnons enfin que le festival s’ouvrira et se fermera par deux événements exceptionnels : d’abord la soirée conçue par Jean-François Zygel pour souligner la place de l’improvisation dans la création musicale contemporaine ; enfin la présence au Châtelet des Swingle Singers dans la création de Pascal Zavaro qui donnera un air de fête à cette dernière journée, point de départ de l’opération « Orchestres en fête » organisée par l’Association Française des Orchestres.


Voilà – espérons le – de quoi séduire les passionnés de musique contemporaine autant que les mélomanes curieux qui se risqueront pour la première fois, sauront se laisser surprendre et découvriront que la création artistique est l’affaire de tous.


Benoît Duteurtre
directeur de musique nouvelle en liberté