Pascal Zavaro : (né en 1959)
Pascal Zavaro est percussionniste de formation. Après ses études au Conservatoire de Paris, il travaille dans plusieurs formations symphoniques parisiennes. Passionné de percussions japonaises, il apprend et approfondit le jeu du marimba auprès de Keiko Abe. Progressivement, la composition va devenir son activité principale. Influencé par la musique fortement pulsée de Stravinsky et Bartok, mais aussi de musiciens américains "répétitifs" comme Steve Reich, il contribue à "importer" en France une écriture à la forte carrure rythmique dont on avait depuis longtemps perdu le sens. Tout naturellement, cette esthétique va l'amener à s'intéresser à la danse, aux battements de la vie moderne dont il observe les linéaments sonores.
Œuvre sélectionnée : Silicon music (1er mouvement plage 1)
Silicon Music fait partie d'une série d'oeuvres évoquant divers matériaux modernes (Nylon Music, Fiberglass Music...). Elle comprend cinq parties alternativement vives et lentes. Le violon soliste y joue avec un ensemble de onze musiciens dont les sonorités peuvent parfois évoquer les sons traités par l'électronique, et qui comprend de fait un synthétiseur. Le premier mouvement (Silicon vif I) débute pianissimo par un magma sonore volontairement confus dont va rapidement se dégager, comme souvent dans la musique de Zavaro, une pulsation rythmique animant un tissu instrumental complexe et polyrythmique. Un élément mélodique confié au violon se superpose élégamment à cette matière haletante. La structure du mouvement, organisée autour de séquences aisément identifiables, permet de percevoir la progression vers un mouvement de plus en plus intense qui débouchera soudain sur le mouvement lent qui suit.
Date : 1997
Effectif : pour violon et ensemble
Interprètes : Elisabeth Glab
direction Pascal Zavaro
Editeur disque : Mandala / Harmonia Mundi
Editeur partition : Éditions Billaudot
Site internet du compositeur : www.pascalzavaro.com

Alain Celo (né en 1960) :
Alain Celo a étudié l'alto au CNR de Boulogne-Billancourt et à l'Ecole normale de musique de Paris, où il est l'élève de Tasso Adamopoulos. En 1986, il intègre l'Orchestre national de Lorraine, tout en poursuivant des études de composition au Conservatoire de Metz. Il travaillera avec François Narboni, mais aussi avec Claude Lefebvre et George Crumb. Inspirée principalement par les rapports de l'homme et de la nature, sa recherche vise à créer un langage homogène à partir d'éléments hétérogènes, offrant ainsi certaines similitudes avec l'esthétique de Mahler. Il reconnaît pour siennes les influences de Ravel, Debussy, Stravinsky, mais aussi du jazz et des musiques ethniques. Il est l'auteur d'une vingtaine d'oeuvres vocales et instrumentales.
Œuvre sélectionnée : Espaces désertiques (plages 1, 2 et 3)
Espaces désertiques comprend six pièces, dont chacune est consacrée à un désert. On a retenu ici les trois premières (Sahara, Basse Californie et Gobi). Les "espaces" ne sont pas associés au hasard à chaque composition. C'est la nature propre de chaque désert, son climat, son degré d'aridité, son amplitude thermique qui va déterminer le discours instrumental, l'unité du cycle étant assurée par une échelle modale qui structure chaque pièce. Les quatre instruments opposent des tessitures extrêmes (flûte et violon opposés à la contrebasse), la percussion jouant le rôle de colonne vertébrale rythmique.
Date : 2003
Effectif : pour flûte, violon, contrebasse et percussion
Interprètes : Ensemble Stravinsky
direction Jean-Pierre Pinet
Editeur disque : Parnassie Éditions
Editeur partition : Éditions Musicales Européennes
Site internet du compositeur : www.alaincelo.com
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Bruno Mantovani (né en 1974) :
Bruno Mantovani remporte cinq premiers prix au Conservatoire de Paris, et participe au cursus d'informatique de l'Ircam. Il débute ensuite une carrière internationale, sa musique étant diffusée par de prestigieux solistes (Emmanuel Pahud, Jean-Guihen Queyras), ensembles (Intercontemporain, Modern, TM+), chefs (Pierre Boulez, Peter Eötvös) et orchestres (Bamberg, BBC de Londres, Orchestre de Paris), dans des lieux comme la Philharmonie de Cologne, le KKL à Lucerne, la Scala de Milan ou la Cité de la musique à Paris. Il reçoit de nombreux prix de la Sacem, de l'Académie des beaux-arts, de la SACD, de l'académie Charles-Cros, ou de la fondation Forberg-Schneider (prix Belmont 2007) et participe à plusieurs résidences : villa Médicis en 2004-2005, Festival de Besançon pour ses éditions 2006 et 2007. Le festival Musica lui a consacré un portrait en 2006, à l'occasion de la création de L'Autre Côté, opéra composé en collaboration avec le librettiste François Regnault.
Œuvre sélectionnée : L'Ère de rien (plage 5)
L'Ère de rien est une commande du festival Musique à l'Empéri à Salon-de-Provence. L'oeuvre se fonde sur un matériau issu des musiques extra-européennes, sans qu'il s'agisse en rien de ce que l'on désigne par world music. Bruno Mantovani mêle les traditions, les mélismes microtonaux de l'Asie et les polyrythmies africaines, sans faire explicitement référence aux sources ethniques. Disons qu'il emprunte des modes de traitement du son, notamment dans le duo pour flûte et clarinette qui introduit l'oeuvre. La forme générale de la pièce est d'ailleurs fortement structurée avec deux interludes plutôt statiques où le piano est mis en avant. Bien que l'on ne puisse parler de métissage, terme à la mode et souvent vide de sens, L'Ère de rien intègre de manière harmonieuse des éléments musicaux très hétérogènes, avec, en outre, un grand raffinement sonore, en particulier dans le jeux des timbres.
Date : 2002
Effectif : pour flûte, clarinette et piano
Interprètes : L'Itinéraire
Editeur disque : Sismal records / Distrart
Editeur partition : Éditions Lemoine
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Florentine Mulsant (née en 1962) :
Florentine Mulsant occupe une place singulière dans le paysage musical contemporain. Après ses classes d'écriture au Conservatoire de Paris, elle a été l'élève d'Allain Gaussin à la Schola Cantorum et a suivi les enseignements d'Alain Bancquart et de Franco Donatoni. Marquée par l'esthétique issue du sérialisme, elle ne refuse évidemment pas l'expression. Cette dualité marque son esthétique, caractérisée par une écriture rigoureuse, mais toujours soucieuse de lyrisme. Son catalogue compte de nombreuses partitions de musique de chambre ainsi que des oeuvres symphoniques. Sa Symphonie n° 2 sera créée en mars 2008 à Prague par l'Orchestre philharmonique de Prague.
Œuvre sélectionnée : Sonate pour violoncelle (1er mouvement plage 8)
La Sonate pour violoncelle en trois mouvements opus 27, composée pour Henri Demarquette, se fonde sur la transcription des prénom et nom du dédicataire selon le système de notation allemand (A = la, etc.). Le premier mouvement (très expressif) utilise seulement le prénom (Henri). Il a été composé très rapidement, lorsque Florentine Mulsant apprit l'agonie d'une amie atteinte d'un cancer. Le caractère général de ce mouvement est un lamento émouvant et funèbre. À la fin, le son semble se dissoudre dans l'éloignement. En dépit de son caractère expressif, douloureux et comme narratif, ce mouvement est fortement structuré du point de vue mélodique, autour de la note si (H) d'un cantabile qui fait admirablement chanter l'instrument et d'un travail sur les sonorités (notamment par l'utilisation des pizzicati de cordes à vide qui sonnent comme un glas).
Date : 2003
Effectif : violoncelle solo
Interprète : Henri Demarquette
Editeur disque : AR RE-SE / Codæx
Editeur partition : Furore Verlag
Site internet du compositeur : www.florentinemulsant.com
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