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Textes du concert du vendredi 19 novembre 2010 Salle Pleyel, 20h
Vincent Paulet (1962)
Après de premières études musicales à Reims, où il est né en 1962, Vincent Paulet obtient, au Conservatoire de Paris, les Premiers Prix d’harmonie, de contrepoint, de fugue, d’analyse et de composition (avec Serge Nigg). Sa formation d’organiste (sous la direction d’Arsène Muzerelle, puis de Gaston Litaize) l’amène à une activité de concertiste à laquelle il met fin en 1994 dans le but de se consacrer principalement à la composition. De 1994 à 1996, il est pensionnaire de la Casa de Velázquez (Espagne). Lauréat de plusieurs Concours internationaux, couronné par différentes distinctions, Vincent Paulet est le premier compositeur français à remporter le Prix Alea III de Boston en 1997. Riche d’une cinquantaine d’opus (musiques de chambre et soliste, orchestrale et chorale principalement), son catalogue révèle une musique complexe et expressive, discrètement pétrie de foi religieuse, qui s’inscrit, comme l’a écrit son confrère Anthony Girard, « dans la continuité d’une tradition française dont Henri Dutilleux est le représentant incontesté à l’orée du XXIe siècle ». Une musique qui a été jouée en Europe, en Amérique du Nord ou au Japon par des interprètes comme Sir Neville Marriner, Mark Foster, John Nelson, Jean-Jacques Kantorow, François-Xavier Roth, Laurent Petitgirard, Joël Suhubiette, Olivier Latry, Jacqueline Mefano, Bertrand Chamayou, les Quatuors Parisii, Ravel et Danel, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’Orchestre National de Lille, l’Orchestre de Grenade, l’Ensemble orchestral de Paris, l’Orchestre Colonne, le Chœur de chambre les éléments, l’ensemble vocal Sequenza 9.3, les ensembles Alea III de Boston, Erwartung, Controverse, 2e2m… Dès 2004, le label Hortus publiait un CD monographique consacré à sa musique chorale et récompensé par un « Choc » du Monde de la Musique. Le même label publiera, en janvier 2011, un nouvel enregistrement d’oeuvres de Vincent Paulet sous le titre générique de l’une d’entre elles : La Ballade des pendus. Vincent Paulet est actuellement professeur d’écriture au Conservatoire à Rayonnement Régional de Lille.
Site internet de Vincent Paulet
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Vincent Paulet : Volcaniques, pour orchestre (2010)
Peut-on vivre sereinement ? Comment aimer, oeuvrer, se reposer, jouer, danser tout en sachant le drame possible à tout moment ? Même si nous feignons de l’oublier, que ce soit par inconscience ou élégance, c’est sur un volcan que nous marchons (cette métaphore du volcan peut également renvoyer à l’agitation d’un monde intérieur en perpétuelle ébullition). La partition de Volcaniques se divise en trois mouvements alternant inquiétude latente et violence tellurique, cette dernière n’excluant pas une expression jubilatoire (celle du « vivre dangereusement » ?) analogue à la jouissance esthétique que l’on peut ressentir à la vue d’un orage spectaculaire, par exemple. Écrite entre 2002 et 2009, Volcaniques est dédiée à René Bosc qui est à l’origine de cette commande.
Vincent Paulet
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Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto en sol majeur
Composés à la toute fin des années 1920, les deux Concertos pour piano de Maurice Ravel sont les dernières grandes partitions d’un artiste qu’une maladie cérébrale allait bientôt condamner au silence. Ils marquent également le retour à un instrument pour lequel il n’avait plus composé depuis son Tombeau de Couperin et le court Frontispice (1918). Le Concerto en sol, commandé par Serge Koussevitzky pour le cinquantième anniversaire de son Orchestre Symphonique de Boston (au même titre que la Symphonie de psaumes de Stravinsky), fut créé en 1932 par sa dédicataire, la pianiste Marguerite Long, et l’Orchestre des Concerts Lamoureux sous la direction du compositeur. Comme toutes les œuvres de Ravel, celle-ci est une réussite étourdissante, et un modèle du genre. Une œuvre qui transcende les styles et les époques, par-delà les influences du jazz ou les réminiscences mozartiennes. Construite suivant le modèle classique, en trois mouvements très contrastés, et dans l’esprit du divertissement, c’est une partition diaphane et solaire, manière d’antidote aux climats sombres et délétères du Concerto pour la main gauche créé la même année. La vivacité joueuse, l’étourdissante ivresse rythmique des deux mouvements extrêmes, Allegramente et Presto, témoignent d’un artiste au sommet de son art d’orchestrateur. Un artiste toujours porté cependant vers une nostalgie qui éclate dans l’Adagio assai central, dont on a souvent souligné la dimension mozartienne, et qui compte parmi les plus sublimes pages de Ravel : la pureté et l’évidence de sa ligne mélodique, sa grâce en apesanteur sont bien le fait d’un « géomètre du mystère », selon l’expression fameuse de Roland-Manuel.
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Paul Dukas (1865-1935), Symphonie en ut
Pour être réduit, le catalogue de l’exigeant Paul Dukas ne comporte que des œuvres pleinement abouties. C’est assurément le cas de cette unique Symphonie, créée en 1897, année de composition de son fameux scherzo L’Apprenti sorcier, sous la direction de son dédicataire, Paul Vidal. Par sa construction en trois mouvements, cette partition se rapproche de la Symphonie en ré mineur de César Franck, de dix ans antérieure, déployant une énergie et une densité d’inspiration beethovénienne. De forme sonate, l’Allegro non troppo vivace, ma con fuoco initial est construit autour de trois thèmes magistralement intriqués, instaurant d’emblée cette vivacité et cette rutilance colorée qui irriguent toute la partition. Il est suivi par un Andante espressivo e sostemento lui aussi de forme sonate, mais autour de deux thèmes seulement. Le finale, Allegro spiritoso, est un rondo de forme ABACA mené à un tempo inhabituel (9/8), brillant et énergique. À l’écoute de ces quarante minutes de musique constamment inspirées, on ne peut que souscrire au jugement du critique Pierre Lalo, qui y louait à l’époque « l’énergie intérieure et la véhémence concentrée du sentiment, le goût passionné de l’ordre et de l’architecture musicale, le sens aigu de l’expression et de la couleur instrumentale ».
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Lawrence Foster, chef d'orchestre
Né à Los Angeles en 1941 de parents roumains, Lawrence Foster débute à l’âge de dix-huit ans dans un orchestre de jeunes à Los Angeles, dirigeant parallèlement le San Francisco Ballet. Il devient ensuite l’assistant de Zubin Mehta à l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles et dirige très tôt des orchestres tels que l’Orchestre Symphonique de Houston ou l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Parallèlement à ses différents postes de directeur musical – successivement à l’Orchestre Symphonique de Barcelone, au Philharmonique de Monte-Carlo et l’Orchestre de Chambre de Lausanne –, Lawrence Foster a pu collaborer avec des phalanges comme l’Orchestre National de Lyon, le Birmingham Symphony Orchestra, l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki, le BBC Symphony Orchestra, le Gewandhaus de Leipzig ou le Symphonique de Vienne, et des solistes tels que les pianistes Aldo Ciccolini, Evgeny Kissin, Hélène Grimaud, Arcadi Volodos, Lang Lang, ou le violoniste Gil Shaham. Actif dans le domaine lyrique, il se produit sur la plupart des grandes scènes mondiales – le Metropolitan Opera à New York, l’Opéra Comique et l’Opéra Bastille à Paris, le Deutsche Oper Berlin, l’Opéra de Leipzig ou le Los Angeles Music Center, dirigeant Plácido Domingo dans Otello pour l’inauguration de celui-ci. Au printemps 2011, il créera un nouvel opéra de René Koering à l’Opéra de Monte-Carlo. Parmi ses nombreux enregistrements, Lawrence Foster s’est fait notamment remarquer pour ceux qu’il a consacrés à George Enesco, compositeur dont il a gravé l’intégralité de la musique – tant à l’opéra (Œdipe avec José van Dam et Barbara Hendricks, lui a valu le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros) qu’à l’orchestre symphonique – et qu’il a largement contribué à faire redécouvrir. Il a d’ailleurs été, entre 1998 à 2001, directeur artistique du festival George Enesco à Bucarest. En 2003, il est décoré par le Président de la Roumanie pour ses services rendus à la musique roumaine. Lawrence Foster est directeur musical de l’Orchestre Gulbenkian à Lisbonne depuis 2002 et de l’Opéra et Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon depuis la saison 2009-2010.
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Orchestre Philharmonique de Radio France
directeur musical : Myung-Whun Chung
Fondé en 1937 par la radiodiffusion française, l’Orchestre est accueilli en résidence au Théâtre des Champs-Elysées dès 1954 et joue sous la direction de chef tels que Eugène Bigot, André Cluytens, Pierre Dervaux, Roger Desormières, Jascha Horenstein, Désiré-Émile Inghelbrecht, Josef Krips, Rafael Kubelik, René Leibowitz, Charles Munch, Paul Paray, Manuel Rosenthal, Wolfgang Sawallisch, Hermann Scherchen, ou de compositeurs comme Aaron Copland, André Jolivet, Henri Tomasi, Heitor Villa-Lobos… En 1976, l’Orchestre connaît une refondation qui permet à son effectif de se partager simultanément en plusieurs formations. Gilbert Amy en est le premier directeur musical, Emmanuel Krivine le premier chef invité. En 1984, Marek Janowski prend la direction musicale de l'Orchestre. Il dirigera au Théâtre du Châtelet et au Théâtre des Champs-Élysées La Tétralogie de Wagner donnée pour la première fois à Paris depuis 1957. Myung-Whun Chung est nommé directeur musical en 2000 et invite pour la première fois à la tête de la formation, en 2001 Pierre Boulez, en 2005 Gustavo Dudamel et Valery Gergiev. L’Orchestre engage alors un cycle d’enregistrements pour Deutsche Grammophon. La Salle Pleyel, à sa réouverture en 2006, accueille l'Orchestre en résidence pour vingt à vingt-cinq programmes par saison. Débute alors un partenariat avec France Télévisions autour des « Clefs de l’orchestre » de Jean-François Zygel. En 2007, les musiciens et Myung-Whun Chung sont nommés ambassadeurs de l'Unicef. En 2008, l’Orchestre s’associe au centenaire d’Olivier Messiaen et invite pour la première fois Esa-Pekka Salonen. Cette année, l'Orchestre et Myung-Whun Chung fêtent leurs dix ans de collaboration sur quatre continents.
Site de l'Orchestre Philharmonique de Radio France
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Jean-Efflam Bavouzet, piano
Jean-Efflam Bavouzet, né à Metz en 1963, commence par étudier le piano, les percussions, le hautbois et la musique de chambre au Conservatoire de sa ville natale. À sa sortie du Conservatoire de Paris, où il a poursuivi l’apprentissage du piano auprès de Pierre Sancan et de Jean Hubeau, il remporte les Premiers Prix au Concours international Beethoven-Tommasoni à Cologne (1986) et aux Young Concert Artists Auditions de New York, puis le Prix de musique de chambre Steven de Groote au Concours Van Cliburn, au Texas, en 1989. Le double parrainage de Sir Georg Solti et de Pierre Boulez, qui l’invitent à se produire en 1998 avec l’Orchestre de Paris dans les Concertos de Bartók, donneront une impulsion décisive à une carrière qui a permis à Jean-Efflam Bavouzet de jouer avec les plus grands orchestres : London Symphony Orchestra, Cleveland Orchestra, BBC Philharmonic, London Philharmonic Orchestra, Deutsches Sinfonie Orchester, Orchestre de Cleveland, Orchestre National de France, Orchestre National de Lille, sous les baguettes de Valery Gergiev, Vladimir Ashkenazy, Esa-Pekka Salonen, Christoph von Dohnányi, Ingo Metzmacher ou Zoltán Kocsis. Parallèlement, il a pu se produire, en récital, dans les salles et manifestations les plus prestigieuses. Sa vaste discographie, couronnée de nombreuses distinctions, reflète l’étendue de son répertoire de Haydn à la musique du XXe siècle (Bartók, Prokofiev, Ohana…), en passant par des intégrales Beethoven (Concertos et Sonates), Ravel et Debussy (il a par ailleurs réalisé une transcription pour deux pianos de Jeux, créée en duo avec Zoltán Kocsis). Un répertoire qui fait la part belle à la création contemporaine : outre le lien privilégié qu’il a entretenu avec des compositeurs tels que Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen ou György Kurtág, Jean-Efflam Bavouzet a pu créer des partitions de Bruno Mantovani ou Jörg Widmann. Il enseigne le piano à la Hochschule für Musik de Detmold, en Allemagne.
Site internet de Jean-Efflam Bavouzet
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Concert 6 Sommaire des textes

Sauf mention contraire, les textes sont de David Sanson rédacteur en chef de la revue Mouvement
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